Attendue depuis longtemps, la Stratégie du numérique du Québec a finalement été dévoilée aujourd’hui. Se voulant ni plus ni moins « Un projet de société qui met le numérique au service de la personne et du bien commun », il reste à savoir si nous aurons les moyens de nos ambitions! Car, partant de loin, le Québec a beaucoup de retard à rattraper, et ce, sur plusieurs plans.

Une stratégie multidimensionnelle 

L’un des bons aspects de la stratégie numérique proposée repose sur le fait qu’elle concerne plusieurs vecteurs importants de la société : le citoyen, l’entreprise, le gouvernement, la communauté (lire les villes), la santé, l’éducation et la culture. Il semble également y avoir une volonté d’implication de différents acteurs, en ce sens que les actions ne reposeront pas que sur le ministère de l’Économie. Des plans d’actions sectoriels sont déjà proposés (Plan culturel numérique, Stratégie gouvernementale (Rénover l’État par les technologies de l’information), Plan d’action en économie numérique) ou sont à venir pour certains secteurs d’activités (Plan d’action numérique en éducation, en enseignement supérieur, Stratégie pour une administration publique numérique, Plan d’action pour un gouvernement ouvert) et des acteurs externes du gouvernement auront la possibilité de contribuer.

Un conseil du numérique

Autre élément intéressant, qui va dans ce sens, est la création d’un conseil du numérique. Celui-ci sera notamment composé « d’experts réputés reflétant la diversité des milieux concernés par le numérique ainsi que de hauts fonctionnaires des principaux ministères et organismes porteurs de plans d’action numériques actuels ou futurs ». Il  s’agit en soi d’une sage décision. Espérons maintenant que sa composition sera éclairée, objective et que ses conseils (ils ne seront pas décisionnels) seront écoutés.

Concrètement, qu’est-ce que ça donnera?

L’enjeu demeure entier derrière les bonnes intentions, car les chantiers sont énormes. Par exemple, améliorer la littératie numérique des citoyens est une variable très importante (souhaitable), mais qui ne se concrétisera pas avant une génération. Il aurait fallu investir à ce niveau il y 15-20 ans déjà…

Et cet aspect aura un impact sur tout le reste : j’imagine les compagnies technologiques qui se bousculeront aux portes des municipalités pour leur vendre leur « outil de gestion numérique révolutionnaire ». Les élus, avec tout le respect que je leur dois, auront-ils les connaissances pour juger de la pertinence, du cycle et des efforts d’appropriation requis, des facteurs de succès de l’implantation et de l’utilisation, du maintien. Et j’en passe. Quand on cite en exemple une ville qui a refait son site internet (nous sommes bientôt en 2018…), on peut mesurer qu’on est loin des villes intelligentes souhaitées. Car la révolution numérique, ce n’est pas que technique. C’est une façon de penser et voir les choses différemment aussi.

Cela dit, tout n’est pas reporté à plus tard. Certaines actions déjà entreprises ou qui le seront au cours des prochains mois devraient produire des résultats. Par exemple, aider les entreprises manufacturières à prendre le virage 4.0 ou inciter les commerçants (en les accompagnants) à se lancer dans le commerce en ligne. Ce ne sont pas ces aspects qui constituent une projet de société, mais c’est louable.

Mon avis?

Évidemment, on ne pourra juger que des résultats dans quelques années. Plusieurs éléments restent à définir et comme tout plan, il faut évaluer après coup. Ce qui est inscrit dans la Stratégie numérique du Québec. Nous pourrions critiquer le fait qu’il manque beaucoup de concret dans ce plan (actions, budget, mesures), mais l’avantage est qu’il se veut évolutif. Personnellement, j’espère seulement que ces « trous » soient des opportunités. Je souhaite que le ministère de l’Économie (ou un futur ministère du Numérique) soit en mesure de proposer des choses (bonnes pratiques) pour éviter un étalement ou une trop grande disparité régionale par exemple. Mais, tout en étant à l’écoute pour être au fait de ce qui se passe, pour s’approprier et rediffuser de nouvelles façons de faire. Bref, encadrer sans restreindre. C’est ça le numérique. C’est évolutif.

 

Consultant et stratège en communications numériques et web, passionné par toutes ses formes, tant stratégiques que graphiques et technologiques. J'aime parler stratégies web, sites web, intranets, gestion de crise, gestion de réputation, image de marque, campagnes web, médias sociaux, référencement, commerce électronique... et WordPress!Vulgarisateur apprécié, je vous aide à traduire vos besoins d'affaires en termes numériques, à apprivoiser l'univers des technologies de l'information et à adopter de bonnes pratiques.
Ah oui, avant d'oublier...

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